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4月1日 Temps passé 15 Les Bébés
J’ai oublié d’en parler. Ce sont eux, les pauvres qui ont été pris pour cible par des conseillers à l’imagination débordante. Lorsque j’ai eu mon ainé (à l’époque, il ne fallait pas se peser avant la naissance !), j’étais chez mes beaux-parents. Il fallait rester couché pendant 9 jours et se lever progressivement. Mais je n’ai jamais dit à la sage-femme que ma belle-mère, qui ne voulait pas s’occuper de moi m’a fait lever au bout de 3. On pratiquait presque toujours l’allaitement maternel. Ensuite venaient les biberons auxquels on ajoutait des faines petit à petit, puis les jus d’orange, puis la purée et les œufs durs, de la sole, de la cervelle. Maintenant, ce sont les petits pots, pratiques évidemment, mais qui n’ont plus rien de naturel. On couchait les bébés, une fois sur le côté droit, une fois sur le côté gauche. Certains, ayant sans doute trouvé cela trop compliqué, on les a mis sur le dos. J’ai connu une petite fille qui avait la tête aplatie et plus de cheveux derrière. Il fallait donc changer, et on les a mis à plat ventre, leur tête étant obligée de faire un quart de tour s’ils ne voulaient pas s’étouffer. La mort subite du nouveau-né a surpris tout le monde jusqu’à ce qu'on se rende compte que ça venait de là. Et les vêtements. De mon temps, c’était difficile d’habiller un bébé. On commençait par lui mettre une bande autour du ventre. Puis une pointe éponge et une couche. Puis une brassière de percale et une de finette. Puis un lange de coton et un lange de laine. Enfin une brassière de laine et un bavoir. Pour sortir il y avait le burnous. Il y avait beaucoup de couches à laver. Maintenant, on jette les couches et les culottes, ce qui coute cher, rempli les poubelles et pollue. Les mamans touchaient une allocation "la mère au foyer" qui permettait de rester chez soi et d'élever ses enfants. Celle-ci n'ayant jamais été augmentée, et ne valant plus rien à cause de la dévaluation, a été supprimée. Moi, je trouve qu'il vaudrait mieux payer une maman qu'un chômeur.
2月21日 Le skiJe viens de revoir les superbes photos de Huguette prises pendant son séjour à Baqueira. Moi, j’aurais peur. Peur de conduire dans la neige, peur de ne pas tenir sur les skis, peur d’être suspendue dans un télésiège. Et pourtant, j’ai une expérience dans ce domaine. Avec mon amie Patty, nous avons décidé d’aller les retrouver. Nous sommes donc allées louer des skis dans un magasin de sport. Apparemment, il me semble que maintenant les skis sont plus courts. En ce temps là, ils étaient en bois et on prenait leur mesure en levant le bras. Les mécaniques pour attacher les chaussures permettaient de mettre n’importe quoi, à condition qu’il y ait un rebord aux talons. Nous voilà donc parties à pieds avec nos skis sur l’épaule. Heureusement qu’un automobiliste a eu pitié de nous. A l’arrivée, nous nous sommes empressées de chausser nos skis et nous sommes tombées tout de suite. Puis nous avons retrouvé nos amis qui nous ont expliqué qu’on ne pouvait pas faire du ski n’importe où et surtout pas sur un chemin plein de pierres. L’après-midi, ils nous ont emmenés sur la pente en nous expliquant les rudiments. Un bon skieur doit tomber en avant…Nous, nous tombions sur nos fesses ! Heureusement qu’il y avait des petits sapins pour nous arrêter. Et puis ils nous ont montré à remonter, soit de profil, soit de face mais là j’avançais de deux pas et reculais d’un. Evidemment nous avons passé beaucoup plus de temps à remonter qu’à descendre. Je n’ai jamais eu envie de recommencer. 2月10日 AlimentationIl y a 50 ans, les supermarchés n’existaient pas. Je devais donc aller faire mes courses tous les matins, à pied et en portant mon cabas. J’emmenais aussi l’enfant qui savait marcher mais n’allait pas encore à l’école. Dans les villes, tous les quartiers avaient leurs magasins. A côté de chez moi, il y avait, trois épiceries, deux boulangers, un boucher-charcutier, un poissonnier, une boucherie chevaline, un coiffeur et un café tabac. On achetait chaque jour ce qu’il nous fallait. Les épiceries vendaient des produits totalement disparus maintenant. Tous les liquides étaient en bouteilles verre consignées. Les yaourts étaient vendus dans de jolis petits pots en terre consignés. Les petits suisses, moitié moins grands que ceux que l’on vend maintenant, et qui avaient 60% de matière grasse, étaient vendus par 6 dans des boites en bois. On pouvait d’ailleurs n’en acheter qu’1 ou 2 (Il n’y avait pas de frigo) Le beurre était en motte. On le servait en le coupant avec un fil. On connaît l’expression : Il n’a pas inventé le fil à couper le beurre, lorsqu’on parle de quelqu’un un peu bébête. Les gâteaux, les bonbons, les légumes secs, étaient en vrac. On n’utilisait que des sacs en papier. Les emballages étaient limités. Chez ma grand-mère qui habitait un village qui a maintenant 50 habitants mais qui devait bien en avoir le double, il y avait un café-épicerie. Mauricette vendait de tout, même des assiettes, des tabliers et des chaussons. La ferme fournissait le lait et les œufs. Le boulanger et le boucher passaient avec leur voiture. Il y avait aussi une école. 2月7日 Petite histoireInspirée par mon dernier article. « En ce temps-là », il y avait une émission de radio enregistrée tous les jours dans un quartier différent de Paris ( Peut-être le Ploum Ploum Tralala ). Celle-ci avait eu lieu un jour, devant le Panthéon. L’animateur, après avoir fait remarquer qu’il était écrit sur le fronton : « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante », s’est mis à énumérer les noms de ceux qui avaient là leur pierre tombale. Là-dessus, des spectateurs ont énuméré d’autres noms : Untel ?...Dans la fosse commune ! Et celui là ?...Dans la fosse commune ! Et cet autre ?...Celui-là, il est au Panthéon. La patrie reconnaissante ne met pas tous ses grands hommes à la fosse commune ! 1月14日 CampingJe reprends les billets concernant mes souvenirs de jeunesse.
Une fois mariée, et après la naissance de notre ainé, il a bien fallu se moderniser. C’est à ce moment que nous avons acheté la 201 et une canadienne 4 places. Nous avons aussi commencé à fréquenter les camps de camping. Le confort était succinct : un point d’eau et des toilettes. Puis la famille s’agrandissant, nous avons acheté une tente carrée comprenant une chambre 4 places et un séjour. Nous avons ajouté un réchaud, une popote comprenant plusieurs gamelles entrant les unes dans les autres. Les couvercles servaient de poêles. A l’intérieur il y avait les manches, une louche et une écumoire. J’explique pour ceux qui ne connaissent pas. Nous avions aussi une « vache à eau » qui est un seau en toile. Le temps passe avec de nouvelles naissances. Nous avons d’abord emmené les deux tentes. Puis nous en avons acheté une très grande. Au milieu, un séjour. D’un côté, une grande chambre pour les 5 garçons et une cuisine. De l’autre, 2 chambres, une pour nous, l’autre pour les 2 filles. Nous étions bien organisés. Chaque garçon savait ce qu’il devait faire et la tente était montée en ¼ d’heure à la surprise des autres campeurs. Chaque enfant avait un sac en toile avec son nom dessus et une liste de ce qu’il devait emmener. Les sacs et les matelas étaient sous les sièges du Volkswagen. Les couvertures et les duvets sur les sièges, le matériel dans le coffre. Il n’y avait pas encore d’électricité dans les emplacements. Il commençait à y avoir des radios à piles. Comme nous aimions le calme, nous disions en arrivant que nous ne voulions gêner personne et qu’il nous fallait une place à l’écart. Fini le temps du camping sauvage ! 12月26日 Noël d'antantIl n’y a plus de Noëls blancs. Je me souviens en particulier d’un jour de noël ou il y avait eu beaucoup de neige. Les enfants avaient fait des glissades sur les trottoirs et des batailles de boules de neige. Cela faisait des petites congères. On avait dit à maman qu’il fallait enfiler des chaussettes sur nos chaussures pour ne pas glisser. Nous sommes donc partis ainsi équipés à la messe de minuit mais cela n’a pas été efficace. Les guirlandes électriques n’existaient pas. On mettait de vraies bougies sur le sapin. Celles-ci étaient maintenues par des pinces. Il fallait être très prudents en les installant de façon à ce que celles-ci ne touchent pas la branche supérieure. On ne les allumait pas longtemps et il fallait rester à côté pour surveiller. A la sortie de l’école, les garçons s’attaquaient aux filles en leur faisant manger de la neige ou en les bombardant de boules. Pour éviter ça, j’ai voulu rentrer par un chemin détourné qui passait entre les jardins. J’avais de la neige jusqu’aux genoux et je suis rentrée bien en retard. 11月18日 CampingLorsque je suis arrivée à Troyes, je me suis acheté une bicyclette. Il y avait une très grande quantité de vélos dans cette ville. Ceux-ci passaient devant les voitures aux feux rouges et elles ne pouvaient pas démarrer. Puis j’ai cherché des amies. Je rends d’ailleurs encore visite à une camarade de travail que je connais depuis 1950. En contactant la paroisse, j’ai fait connaissance d’une bande de filles et je suis devenue amie avec l’une d’elles que j’ai perdue de vue après mon mariage. Elle aimait comme moi la piscine, le vélo et le camping. J’avais acheté une toile de tente : Canadienne inversée deux places avec double toit et tapis de sol cousu. Nous voyagions léger. Pour passer une nuit dehors, on n’avait besoin que de ce matériel et des sandwichs. Nous avons ainsi parcouru économiquement tout le département. En ce temps là, les camps de camping étaient très rares et on ne faisait que du camping sauvage. On se lavait et on buvait aux fontaines. Le soir on allumait un feu. Plus tard nous avons fait connaissance d’une bande de garçons. Ils nous emmenaient plus loin mais nous étions entraînées. J’ai beaucoup de bons souvenirs de toutes ces randonnées. Un jour, Patty (mon amie) a voulu emmener son frère et lui a proposé d’emmener un de ses copains qui était coureur cycliste. Pendant que les garçons étaient dans une boutique, elle décide de leur prendre leurs vélos et saute bravement sur celui de son frère. Il me restait celui de l’autre garçon, qui était un vélo d’entraînement à roue fixe, et ils se sont bien moqués de moi. C’est ainsi que j’ai rencontré mon futur mari !
10月21日 Mon arrivée à TroyesJe n’avais nulle envie de rester à Paris et je suis arrivée par hasard à la suite d’une annonce, à Troyes, une ville où je ne connaissais personne. Le labo ne ressemblait en rien à ceux que l’on voit maintenant. Il y avait 3 laborantines, une secrétaire et une femme de ménage. Les analyses se faisaient manuellement. On m’a indiqué immédiatement une chambre meublée « Ce n’est pas difficile à trouver, vous suivez le long des démolitions et franchissez le pont du chemin de fer ». Il faut dire que le quartier de la gare avait été souvent bombardé, et que la reconstruction se faisait attendre. On m’a indiqué aussi une pension de famille pour le repas de midi. Celle-ci était tenue par un couple. Le mari était toujours en cuisine et sa femme l’aidait et faisait le service. Il y avait entre 20 et 30 convives installés sur deux très grandes tables. Ce qu’on y mangeait était très bon . On n’en était pas encore à une nourriture falsifiée par excès d’hygiène, et tout était préparé sur place. Quelqu’un qui reviendrait à Troyes après 50 ans, ne reconnaîtrait plus la ville. On a reconstruit vers la gare des bâtiments résidentiels de 8 ou 10 étages. On a abattu les vielles maisons qui tenaient commerce devant la mairie pour dégager un grand espace. On a construit des parkings souterrains. On a refait les routes en retirant les pavés et les rails de tramway. On a supprimé les abattoirs. La bonneterie périclite en produisant beaucoup de chômage. Il y avait beaucoup de petites bonneteries chez des particuliers et j’étais logée dans l’une d’elles. C’était une fabrique de chaussettes. J’ajoute deux photos sur mon album « cartes postales ». L’une est la place de la mairie avant 1950 et l’autre une rue avec les rails de tramway à la même époque. 10月3日 L'accidentA part deux ou trois froissements de tôle dont je reparlerais, nous n’avons eu qu’un accident en plus de 50 ans. Nous partions en vacances en Camargue, et nous avions une belle Versailles bicolore avec des pneus à flancs blancs. A l’entrée de Valence, mon mari voyant un attroupement bizarre en bas de la côte, commence à freiner. La voiture part comme si elle était chaussée de skis ! « Tiens bien la petite, (c’était la N° 5), je vise l’arbre. » Une voiture qui nous suivait n’a pas pu s’arrêter non plus et est entrée dans le même arbre. Nous avons appris que suite à un accrochage, un camion avait répandu du fuel sur la route. La police n’avait pas encore eu le temps de prévenir et d’organiser la circulation, occupée qu’elle était à essayer de se débarrasser des badauds, qui voulaient voir à tout prix ce qui se passait. Je ne comprends pas ce voyeurisme. Un incendie près de chez nous avec des bouteilles de gaz qui risquaient d’exploser avait attiré un grand nombre de gens. Le jour de l’accident de mon fils, une femme tentait de monter dans la voiture du SAMU pour voir ce qui se passait ! Il n’y a pas eu de blessés, sauf le petit de 5 ans qui prétendait l’être car il avait reçu sur la tête une de ses petites voitures qu’il avait posée sur la plage arrière ! Nous avions belle allure pour continuer nos vacances avec une aile cabossée qu’il avait fallu redresser sommairement car nous ne pouvions plus tourner à droite : Elle frottait sur le pneu. En ce temps là, il n’y avait ni ceinture, ni rehausseurs, ni nacelles et on avait le droit de tenir le bébé à l’avant. Nous mettions seulement un gros rouleau de mousse entre les deux sièges pour le cas où un enfant tomberait. Je me demande maintenant comment font les familles nombreuses !
9月30日 Souvenirs du siècle dernierJe viens de trouver un site très intéressant que je vous recommande. J'avais cru inaugurer en racontant mes souvenirs de jeunesse, mais celà a déjà été fait et beaucoup mieux que par moi. On peut cliquer sur les différents chapitres: Le petit train, le pain, les vêtements.....On peut même écrire à la personne responsable du site. Je vous donne l'adresse:
9月20日 Histoires de voituresAprès guerre, les voitures neuves coutaient vraiment très cher. Il était commun de voir des voitures de 20 ou 25 ans, et encore il y en avait très peu mais les transports en commun étaient bien organisés. Mon beau-père avait une Renault B 14 . Ces voitures feraient maintenant la joie des collectionneurs. Mon mari avait un grand principe : On ne doit pas se priver pour acheter une voiture. Il achetait toutes ses voitures à la casse et les retapaient (un peu comme la traban), ce qui fait que nous en changions souvent. Il y en a même qu’on a dû remorquer. Mon mari avait coutume de dire qu’il changeait de voiture chaque fois que le cendrier était plein ! Nous avons eu une Licorne. Cela avait la carrosserie d’une traction mais je la détestais car la conduite étant à droite, je devais dire s’il était possible de doubler. Nous avons eu une 4 CV Renault. Elle usait autant d’huile que d’essence. Un jour on nous l’a volée, mais elle a été retrouvée à proximité, les voleurs ayant dû en prendre une autre. Nous avons eu un combi WW. Il est arrivé entièrement vide et mon mari a acheté des sièges qu’il a surélevés sur des cornières, ce qui était pratique pour mettre dessous le matériel de camping. Je l’aimais beaucoup car on avait une grande visibilité à cette hauteur. Nous avons aussi eu un 404 break qui avait des trous dans le plancher. Chaque fois qu’un morceau de métal se détachait, cela faisait des étincelles ! Celle-là, je l’ai regrettée. Elle était pratique pour sortir des objets lourds du coffre, il n’y avait qu’à les laisser glisser. Elle était confortable avec ses sièges en cuir. Elle n’avait pas de ceinture. Après le décès de mon mari, je suis allée avec jusqu’à la frontière yougoslave. Il n’y a que depuis le départ de mon mari que je conduis des voitures neuves. Avec lui nous en serions encore peut-être à finir d’user les voitures des autres ! 9月16日 Notre première voiture
La première voiture dans laquelle je suis montée appartenait à un cousin. Je n’en connais pas la marque car je devais avoir 5 ou 6 ans. La seule chose dont je me souvienne, c’est qu’elle devait avoir des carreaux en papier huilé. Nous étions tous entassés dans la voiture. Il y a eu un bon orage et tout le monde est revenu trempé. Puis après la guerre, les voitures ont commencé à se multiplier. C’était devenu un des sujets favoris des hommes qui vantaient chacun la leur. J’en ai entendu un dire « Je peux faire avec la mienne ce qu’aucun de vous peut avec la sienne ». Nous étions surpris. « Eh oui, je peux passer entre les deux poteaux ». Il avait une minuscule Rosengard ! Les femmes n’avaient pas droit à la parole. Il était de notoriété publique qu’elles étaient nulles au volant et que si elles tendaient le bras à gauche, c’est qu’elles tournaient à droite ! Notre première voiture, nous l’avons achetée en 1953 et elle avait plus de 20 ans ! C’était une 201 Peugeot, la voiture carrée avec le toit en toile. Seul, mon mari savait la faire marcher. Elle était rafistolée avec des bouts d’allumettes et des bandes découpées dans des vieux maillots de corps. La chambre à air passait à travers les pneus ! Lorsqu’elle ne voulait pas démarrer, les voisins nous poussaient en se moquant de nous. Cela a duré jusqu’au jour ou ils ont dit « on les pousse, ils s’en vont et nous on reste là ! »On était les seuls du quartier à avoir une voiture !
8月27日 L'après guerreJ’ai maintenant envie d’écrire une série d’articles sur la vie après guerre. Il y a tout de même une cinquantaine d’années et beaucoup de choses ont changées.
Me voilà devenue adolescente. Je porte une jupe plissée, des socquettes, des chaussures à semelles de crêpe qui glissent dès que le sol est humide. Pour la coiffure ce sont deux nattes croisées sur la tête avec une choupette devant. Les bas sont encore rares et les femmes se teignent les jambes en dessinant une fausse couture derrière. Beaucoup se confectionnent des chemisiers en parachute. C’est le début des dérivés du nylon.
Nous commençons à avoir le droit de sortir. Nous allons visiter des musées, canoter au bois de Vincennes ou au bois de Boulogne. Nous allons aussi danser dans les guinguettes en plein air, à Robinson ou sur les bords de la Marne.
Il n’est pas question de sortir le soir. J’ai eu une fois une permission « de minuit » pour une fête scolaire, et à l’heure dite, papa était là à m’attendre. 7月12日 7 juilllet: Temps passé 13 - Mon oncle (effacé par erreur)Si je veux parler de lui, c’est qu’il avait un métier disparu maintenant. Il était imprimeur. Son atelier était à Reims, rue Emile Zola. Il avait un massicot, deux machines pour imprimer et des casiers remplis de lettres que nous nous amusions à ranger verticalement, ce qui prenait beaucoup de temps et ne servait à rien.
Il aimait le travail bien fait. Il me montrait des échantillons en me disant « regarde, je ne connais personne qui puisse en faire autant ». J’étais trop jeune pour apprécier.
Je le voyais prendre ses lettres pour les assembler dans des cadres, puis imprimer un échantillon. Si une lettre était moins bien visible qu’une autre, il la ressortait pour la surélever avec un petit morceau de papier. Ensuite il faisait le tirage.
Si c’était avec plusieurs couleurs, il faisait autant de cadres que de couleurs et il fallait nettoyer la machine à chaque fois.
Celui qui a acheté l’imprimerie dans les années 60 l’a transformée pour faire de l’offset et les casiers pleins de lettres sont détruits ou partis chez des collectionneurs !
Commentaires (1)
Renate, Axel und Familie 10 juillet 13:31 (http://SvR1970.spaces.live.com/) Bonjour, J'espere que ca va fonctionner la (sans coupure electrique) - je ne sais pas ce qu'il se passe ici mais nous avons de nombreuses baisses d'intensite electrique, et pas que chez nous, chez les voisins aussi... Alors j'ecrivais tout a l'heure quand nous avons ete coupe que je connais Reims ainsi que la rue Emile Zola. Quand j'etais petite nous habitions rue General Battesti, une des rues transversales. Il faudrait que je demande a mes parents s'ils connaissaient. Bon, sur ce je retourne voir notre chialeur devenu professionnel ;o) Bonne journee! Bisous de Berlin Reni xxxxx PS: marchera ou marchera pas ahahahah!! va-t-il falloir que je le recommence demain ahahahahah!! 7月8日 Temps passé 14Conclusion (provisoire)
Je ressemble aux acteurs qui font leurs adieux et qui reviennent après. J’arrête ici ma série d’articles « temps passé » qui traite de la vie avant la guerre mais il se peut qu’il y ait quelques oublis. Je suis heureuse d’avoir eu deux vies : une du siècle précédent, et une avec le confort moderne. J’ai tiré l’eau du puits, je me suis lavée dans une cuvette, je me suis éclairée à la lampe à pétrole, j’ai dormi sur des matelas de laine, de plumes et même de menue paille. J’ai beaucoup marché, j’ai glané, j’ai aidé à ramener les vaches des champs…. Mais au total, je trouve que la vie était vraiment belle à cette époque. 7月3日 Temps passé 12Epernay
Mes grands-parents paternels étaient chef de gare à Montmirail, au CFD. Mes grands-parents maternels étaient chef de gare à Montmirail au CBR. C’étaient de petites compagnies privées qui ont disparu. C’est là que mes parents se sont connus. Alors mes grands-parents maternels sont venus à Epernay. Ils étaient logés à la banque Varin-Bernier où mon grand-père était « concierge ». On a toujours dit concierge car il ouvrait et fermait les grandes grilles de fer, mais en réalité, il y faisait beaucoup d’autres choses, mystérieuses pour moi. Ma grand-mère faisait le ménage dans les bureaux. Nous nous perchions sur les hauts tabourets et on jouait à l’employée avec les tampons encreurs et les papiers carbone. La banque avait un petit parc attenant avec une rotonde et une grotte. Le grenier était superbe avec toutes ses poutres entremêlées. Ma grand-mère faisait aussi le ménage à la sous-préfecture. C’était bien parce qu’il y avait une baignoire et un piano que nous pouvions utiliser. Je me souviens d’un jour où je me suis retrouvée sur la gouttière (très large) avec le fils du sous-préfet ! Maintenant, la banque a été détruite et remplacée par un cube en béton, certainement plus fonctionnel. On a agrandi la sous-préfecture avec deux ailes qui cachent le joli petit bâtiment. On a construit sur le mont Bernon où nous allions jouer des quantités d’immeubles. On a transformé « la tête à l’âne », une baignade au bord de la Marne où nous aimions aller, en zone industrielle. On a transformé le jard où l’on se promenait en parking !
7月2日 Temps passé 11Les jouets
Nous n’avions pas d’énormes peluches, pas de poupées qui ont des tas de fonctions pas de gros jouets en plastique de toutes les couleurs. Nos ours étaient de taille normale et on pouvait dormir avec. Nos poupées étaient souvent en carton pâte et on ne pouvait pas les laver, mais on y était très attachées et on pouvait les trimballer partout plus facilement qu’une poupée cassable. On leur confectionnait des vêtements et elles avaient une chaise haute et un berceau. Les jouets étaient de qualité. J’avais une vraie dinette en faïence avec des tas d’assiettes et de plats. Les mécanos étaient en métal et les jeux de constructions en pierre. Il y en d’ailleurs encore deux qui existent actuellement : un pour construire des châteaux, l’autre des ponts. (Ils viennent de mon papa, on est conservateurs dans la famille). Il n’y avait pas l’obsession de la sécurité. Les petites voitures et les trains étaient faits de tôles découpées et assemblées par de petites pattes en métal qui finissaient par casser. Les garçons jouaient aux soldats de plomb, aux billes, aux osselets, aux patins à roulettes. Ils se confectionnaient des chariots avec des planches et des roulements à billes et descendaient les rues à toute vitesse. Je les enviais ! Comme jeux de société, il y avait le nain jaune, le loto, les petits chevaux (j’en ai encore un avec des chevaux en bois), le jeu de l’oie. Ces jeux existent encore pour la plupart, mais avec la télé, on a cessé les réunions familiales. Les puzzles étaient en bois et nous avions des cartes de France découpées en départements. 6月29日 Temps passé 10La batterie
Pendant la guerre, grâce à l’association « la famille du prisonnier »nous sommes parties un mois à la campagne. Les enfants étaient placés dans des familles et on se rassemblait deux fois par semaine. Nous étions chez une dame qui avait trois enfants du même âge que nous. C’était la grande liberté, la seule obligation étant d’être là aux heures de repas. Nous avons fait des orgies de rillettes. Pendant que nous étions là-bas a eu lieu la batterie. En ce temps-là il n’y avait pas de moissonneuse-batteuse. Le blé était récolté par une moissonneuse-lieuse. Les gerbes étaient ramassées et mises en petites pyramides. Puis une charrette les ramassait pour qu’on puisse former de grosses meules. Enfin, la batteuse qui faisait le tour des fermes arrivait. Le travail devait être très dur. Il fallait lancer les gerbes en hauteur en les prenant avec une fourche, puis emmener sur son dos les lourds sacs de grain. Pour nous, les enfants, nous nous amusions beaucoup. Nous jouions à nous pourchasser et Gérard, lui, courait après les souris qui se trouvaient sous la dernière rangée. Ce qui m’a le plus impressionnée, c’est le repas. Tout le village étant venu aider, il fallait nourrir une grande quantité de personnes. Des poules avaient été cuites dans du bouillon et des panneaux de planches disposés sur des tréteaux en guise de tables. 6月28日 Temps passé 9Les vêtements Je trouve maintenant que ceux des femmes n’étaient pas très jolis….par contre les nôtres ! Maman avait appris le métier de couturière et était même installée à son compte avant son mariage. Par contre après elle ne travaillait plus, les femmes en grande majorité restaient chez elles pour élever les enfants. Elle nous faisait de très jolis vêtements. Nous avions des dessous brodés, de jolies robes, et des chapeaux assortis à nos manteaux. Nous avions aussi des gants et des cols fabriqués par elle au crochet d’art. Nous faisions des envieux. Pour les bébés c’était toute une histoire. On leur mettait en haut : une brassière en percale, dessus une en finette et encore dessus une en laine. En bas, ils avaient une pointe en tissus éponge, puis une couche carrée en tissus, un lange de coton et un lange de laine. Pour les promener on leur mettait un burnous. C’était compliqué et les petites filles apprenaient à l’école sur leur baigneur en celluloïd à langer les bébés. Dès qu’un enfant avait assez de cheveux, on les redressait sur sa tête et on les enroulait pour faire une grosse « choupette ». Moi j’avais des anglaises. Ma petite sœur qui n’avait pas la chance de friser comme moi avait les cheveux coupés à la Jeanne d’Arc .
6月26日 Temps passé 8Cinéma Mon papa travaillait chez Gaumont. Il aimait tout ce qui avait trait à la photo ou au cinéma. Il avait un petit appareil dans lequel il pouvait mettre du 24x36. Eh oui cela existait déjà ! et il est maintenant chez un de mes fils. Evidemment, on ne trouvait pas de diapositives dans le commerce. Il utilisait de la pellicule de film qu’il devait avoir pour rien. Il avait installé dans une penderie, un cabinet noir ou il y avait un tas de trésors : agrandisseur, papier photo, produits de développement…Il faisait déjà des tas de petites photos en 24x36, puis il choisissait les meilleures pour les agrandir. Nous allions assez souvent au cinéma. Lorsque nous passions devant un de ces établissements, je pleurais pour aller voir Mickey et souvent mes parents se laissaient faire. C’était agréable en ce temps là car le son était tout à fait normal et ne nous cassait pas les oreilles. ( maintenant je n’y vais plus). Il y avait les informations de la semaine, un dessin animé (souvent mickey) un entracte avec de la publicité, puis le grand film. Les grèves de 1936 ont eu lieu pendant que papa était chez Gaumont, et nous allions lui porter son « casse-croute » qu’on lui passait à travers la grille…Je croyais qu’on avait mis mon papa en prison ! J'ai eu l'occasion de paraître dans les actualités. Au cours d'un spectacle de Noël organisé pour les enfants des employés, je pleurais car j'avais peur des clowns et on m'a filmée! |
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